À mon frère, mon jumeau d’âme,
- Sihem BOULMIS
- 4 févr. 2025
- 3 min de lecture
Nous ne partageons pas la même date de naissance, mais nos âmes, elles, ont grandi ensemble, se nourrissant des mêmes souvenirs, des mêmes valeurs, des mêmes rêves. Nous avons vécu une époque merveilleuse, empreinte d’honnêteté, de sincérité et de créativité. Une époque loin du virtuel et du superficiel, où chaque jour était une aventure, et chaque instant un trésor.
Je me rappelle de ces anecdotes qui font partie de nous. La cuisinière renversée – une scène de chaos qui nous a valu bien des réprimandes mais aussi des fous rires. Le mur des couvertures qui s’est effondré sous le poids de nos rêves d’enfants bâtisseurs. La compétition de la bicyclette que je voulais absolument gagner, juste pour être à ta hauteur. Les bêtises en pleine sieste de maman, où nous conspirions en silence pour ne jamais nous faire attraper.
Et puis, il y a nos voyages entre Annaba et Tlemcen, ces longs trajets remplis d’excitation, qui n’étaient pas seulement des déplacements, mais de véritables aventures. La maison de notre grand-mère devenait pour nous un manoir tout droit sorti d’un conte de fées. Rien qu'à y penser, les bonnes odeurs des plats de grand-mère me reviennent, cette douce symphonie de saveurs qui emplissait la maison, mêlant épices, chaleur et amour, et qui semble encore flotter dans l'air, intacte malgré les années. Les murs semblaient murmurer des histoires anciennes, les balcons regorgeaient de secrets à découvrir, et les nuits estivales étaient le théâtre de nos rêves d’enfants. À chaque retour, ces séjours nous inspiraient des récits et des histoires que nous écrivions ensemble, des petits morceaux de magie qui donnaient vie à notre imagination débordante.
Et que dire de nos maisons construites à partir de rien, où nous imaginions des scènes grandioses, dans un monde qui n’appartenait qu’à nous. Ou encore de nos compétitions de lecture, où tu étais toujours en tête, dévorant livre après livre avec cette soif de connaissance qui te caractérise encore aujourd’hui.
Depuis ton plus jeune âge, ton intelligence et ta créativité ont toujours été des évidences. Ta manière de réfléchir, d’analyser, d’innover… Tu étais brillant et doué. Et pourtant, ce qui m’a toujours touchée, c’est ta simplicité, ta générosité, et ta capacité à être là, à chaque instant.
Puis est venu ce premier grand chagrin. Le jour où tu es parti à Alger pour tes études. C’était le début de nos chemins séparés. Tu as traversé ensuite la Méditerranée, tu as construit des souvenirs sans moi, loin de moi. Et pourtant, même à distance, tu es resté cet ami, ce confident, ce pilier sur lequel je pouvais toujours m’appuyer.
1987-2025. Nous voilà à l’aube de la quarantaine, cet âge où la sagesse prend racine et où l’espoir fleurit à nouveau. Une année qui s’annonce pleine de promesses, d’événements et de nouveaux départs. Toi, mon frère, tu es bien plus qu’un compagnon de vie. Tu es mon miroir, ma force tranquille, celui avec qui j’ai partagé des moments inoubliables et des rêves sans fin.
Je suis fière de l’homme que tu es devenu, de l’ami, du père, de l’époux, mais surtout de ce frère exceptionnel. À travers toutes ces années, tu as été un repère, un phare dans mes tempêtes, une lumière dans mes doutes.
Alors, pour cette nouvelle année, je te souhaite ce que la vie a de plus beau à offrir, des moments de joie, des projets pleins de succès, et des souvenirs à ajouter à notre histoire. Sache que, peu importe où la vie nous mène, nos âmes resteront toujours liées, unies par cette complicité unique qui fait de nous des jumeaux d’âme. Joyeux anniversaire.
Avec tout mon amour et ma gratitude,
Ta sœur qui t’aime infiniment.
Khtitiw.









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